Cette question est souvent posée par bon nombre de motards qui sont, par définition, des rouleurs (!), mais ils sont tout aussi nombreux à ne pas réellement savoir organiser les sorties ou les voyages qu’ils rêvent (secrètement ) de faire. Que faut-il emporter ou, au contraire, laisser à la maison ; vaut-il mieux avoir un GPS ou une bonne vieille carte routière ; le kit anticrevaison ou le bidon d’huile est-il vraiment nécessaire ou ne se dit-on pas régulièrement que “cela n’arrive qu’aux autres” ? Autant de choses auxquelles il faut penser avant de démarrer car lorsque le problème se présente vraiment, il est trop tard ! L’organisation d’une longue sortie ou d’un voyage demande un peu de réflexion et de préparation qui ont, tout d’abord, comme but de ne rien faire oublier au pilote, de ne pas surcharger la moto et de disposer des solutions pour garantir, au mieux, un maximum de plaisir et d’éviter toutes les galères inutiles.

Où aller ? Tout dépend effectivement de ce que l’on recherche comme sortie. Doit-elle être plutôt tourisque et culturelle ou veut-on avant tout arsouiller ? Il est évident que le type de moto que vous possédez déterminera presque naturellement votre destination. Faire de l’autoroute (plus de 10 km, j’entends !) avec une sportive n’est pas de tout repos compte tenu du peu de protection contre le vent et les intempéries dont on dispose sur ces machines alors que le pilote d’une RT, par exemple, pourrait envisager d’y faire de longs trajets à allure soutenue… De même, l’heureux propriétaire d’une trial, au hasard, d’une GS, peut se permettre de prendre des routes ou des chemins de liaison moins larges et/ou de revêtement plus médiocre, l’ESA étant, dans ce cas, d’un précieux secours. Je sais, tout le monde veut être “égal dans le choix de ses sorties”, mais, il faut, malheureusement, reconnaître que l’iniquité commence bien là !

Quels bagages ? Je répondrais à cette question en disant tout simplement qu’il faut emmener ce qui est vraiment nécessaire. C’est l’évidence même, mais qui peut affirmer qu’il a toujours fait le bon choix ? Combien d’affaires sont restées au fond du sac sans avoir jamais servi ? Combien de fois a-t-on pesté parce qu’on avait justement oublié le seul article dont on avait réellement besoin (le schampoing, le rasoir, le sous-vêtement chaud, le pyjama…) ? Pour limiter le volume de bagages, il existe une règle simplisime : ne prendre avec soi que ce que l’on peut porter. En parlant clairement, un seul et unique sac en complément, le cas échéant, des valises sur la machine ou de la sacoche de réservoir (avec soufflet… c’est mieux). Et pas plus ! Si vous dérogez à cela, vous râlerez inévitablement lorsqu’il faudra transporter le tout depuis le parking vers la chambre d’hôtel, quand vous aurez les mains et les bras chargés et que vous avez encore le “U” à placer sur la roue avant… de votre moto garée entre deux voitures ou trop près d’un mur… Ne riez pas, chacun pourrait raconter sa petite histoire sur le sujet… et moi, en premier !

A n’oublier sous aucun prétexte. Un bidon d’huile moteur d’un litre, le “U” (et sa clé), la clé de secours de la moto (double normal ou clé-portefeuille), une paire de gants de travail (surtout quand le temps est à la pluie et que vous êtes garé sur le bas-côté… boueux), une paire de sangles, une lampe de poche, petit modèle, le carnet d’entretien de la moto (vous y trouverez toutes les références pour les pressions des pneus, les ampoules etc), le numéro de l’assistance (pour la panne mécanique) et celui de votre assureur (en cas de crevaison ou d’accident), les papiers de la moto et du pilote (carte grise, permis de conduire et carte verte… en cours de validité !), une trousse de secours avec le minimum pour les plaies bénignes (coupures, griffures…), les maux de tête… Bref, tout pour lutter contre la bobologie courante… ou si vous pouvez, emmener votre infirmière particulière ). Ne pas négliger, non plus, un bon équipement moto (étanche, protecteur de la tête au pied : pas de short, chemisette ou baskets… car la première chose qui freinera en cas de chute… c’est l’os !) et les effets de rechange comme une seconde paire de gants (indispensable quand vous avez fait des kilomètres sous la pluie), la combinaison de pluie (CQFD), les sous-vêtements chauds et/ou la doublure du blouson… Pour les porteurs de lunettes, il est préférable de troquer celles-ci contre des lentilles nettement plus pratiques afin d’éviter d’exploser les montures en enlevant le casque et de se protéger contre la buée en période fraîche ou froide. A mettre également dans la sacoche : les chargeurs des divers appareils que vous emportez (téléphone mobile, rasoir, GPS, iPod… la liste n’est évidemment pas exhaustive ). Dernière recommendation : replacer la chicane dans votre silencieux car pour de longs trajets, le bruit grave et rauque amplifié de l’Akra ou du Laser est superbe, mais devient très vite insupportable à vitesse continue. Un chèquier en plus de la carte bleue n’est jamais une erreur selon les hôtels ou les destinations.

GPS ou carte(s) routière(s) ? Pour avoir essayer les deux, je persiste à dire que les vieilles méthodes sont encore une fois les meilleures. Je m’explique : les GPS que j’ai pu tester (TomTom Rider et Garmin Zumo) m’ont presque toujours lâché quand j’en avais vraiment besoin, c’est-à-dire en ville lorsque la vitesse de (re)calcul des puces est essentielle et que les rues, nombreuses et rapprochées, défilent rapidement, trop rapidement pour les GPS de la génération actuelle ! Quant à leur utilisation en rase campagne… J’en doute, sauf à être ludique ! De plus, suivre son itinéraire avec une carte routière, vous oblige à regarder les panneaux et à faire beaucoup plus attention à votre environnement géographique et à l’infrastructure, en clair, vos sens sont forcément en éveil… Et puis, une carte routière ne tombe jamais en panne de batterie et n’est pas sujette à un blocage logiciel… au mauvais moment et au mauvais endroit, évidemment ! Pour ceux qui maintiennent, cependant, que le GPS est la panacée, je leur conseille, quand même, d’avoir dans leurs valises les cartes… qui vont bien ! Vaut mieux assurer ! Quelques grammes supplémentaires pourraient (peut-être) s’avérer sacrément utiles par la suite !

Solo ou duo ? La première solution est quasi obligatoire pour tous les “Rossi en herbe”. Une sportive chargée à toc avec la bagagerie et un(e) passager(e) perd beaucoup de ses qualités dynamiques… En revanche, la routière (GT, RT, GS…) sera à l’aise en duo car la machine le supporte aisément et a déjà été construite pour cela, une différence de taille qui devient un critère non négligeable lors de l’acquisition de la moto, par exemple. Rouler seul ou à deux, conditionnera aussi votre style de conduite. Une machine plus lourde avec, parfois, une répartition hasardeuse des charges est moins maniable et subit des contraintes supplémentaires dont le pilote doit tenir compte dans les sorties de courbes où il faudra compenser par une accélération plus franche ou lors des freinages qui forcément seront plus appuyés et fatigueront les systèmes (freinage, transmission, pneus) et l’homme/la femme !

Par conséquent, une sortie se prépare, le temps consacré à cette étape n’est pas perdu, mais vous garantit le plaisir de rouler à moto dans de bonnes conditions et dans un maximum de confort et de sécurité. Il faut impérativement garder à l’esprit que pilote et machine forment un tout et que de la qualité de la préparation dépendra indubitablement celle de la sortie : réussite ou galère, c’est vous qui déciderez !

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