Beaucoup de gens pensent que faire du vélo en ville est dangereux. Le cycliste n’a pas de carrosserie, souvent pas de casque et roule parmi des véhicules motorisés, plus lourds et plus rapides. On a l’impression d’entendre les caractéristiques d’un sport extrême, mais il n’en est rien.

Après avoir lu beaucoup sur le sujet et entendu encore plus, j’avais envie d’apporter ma pierre à l’édifice et de rompre avec les préjugés. Appelez ça un coup de gueule ou un cri du cœur, mais je le répète : faire du vélo en ville n’est pas dangereux !

J’aimerais, pour commencer, redéfinir la notion du danger de se déplacer en ville en deux parties distinctes : le risque pour soi et le danger pour autrui.

Risqué pour soi-même

Généralement c’est la seule notion que nous avons (l’homme moderne devrait être appelé homo-égoïste). Est-ce que ce que je suis en train de faire est risqué pour moi ?

Quand on regarde les chiffres de l’accidentologie en 2013 en France, le vélo fait partie des moyens de transport les plus sûrs. Les accidents graves en ville sont très rares et majoritairement causés par des véhicules motorisés tournant à droite à un feu, n’ayant pas vu le cycliste ou doublant trop près du vélo. C’est un problème d’éducation des conducteurs (auto, camion, moto et vélo) autant que d’un mauvais aménagement de la route. (Source : http://www.terraeco.net/)

Il y a très peu d’accidents graves à vélo en ville et encore moins de mortels (ils sont principalement sur les routes de campagne : deux tiers des accidents mortels – chiffres de l’accidentologie page 11). Le vélo n’est donc pas risqué en ville même s’il fait souvent peur de s’y déplacer entre les voitures, bus et autres camions contre lesquels on se sent impuissant. Pour éviter les risques pensez aux angles morts des véhicules qui vous entourent et pensez que tous ne regardent pas leurs rétroviseurs autant qu’il le faudrait. La phrase que j’entends le plus après avoir évité un accident est : « Désolé je ne vous avais pas vu » (Angles morts des camions http://www.droitauvelo.org/ et une animation http://www.preventionroutiere.asso.fr/Nos-conseils/).

Dangereux pour les autres

La question que personne ne se pose en allant au travail le matin est : Est-ce que je suis dangereux pour les autres ? La réponse est simple, plus on est lourd et rapide et plus on est dangereux pour les autres. On peut facilement trier les moyens de transport du plus dangereux au moins dangereux pour les autres : camions, bus, voitures, motos, scooters et vélos.

Le vélo est le moyen de transport, circulant sur route, le moins dangereux pour les autres. C’est le fait de plusieurs facteurs comme sa faible vitesse (distance de freinage courte et impacts moins violents), son poids plume (même avec un vélo électrique) et sa capacité à changer rapidement de trajectoire (pour éviter une collision).

Quand on compare un accident entre un vélo et un piéton à un accident entre une voiture et un piéton on voit que la voiture est très dangereuse pour les autres (à 50 km/h la voiture a 85% de chance de tuer un piéton ou un cycliste contre 10% de chance si elle ne roulait qu’à 30 km/hchiffres d’accidentologie page 17).

Enfin le vélo est le moyen de transport qui a l’impact sur l’environnement le plus faible (et de loin). Que ce soit lors de sa fabrication ou de son utilisation : la pollution de l’air, rappelons-le, met en danger la santé des plus fragiles. Une voiture électrique est presque aussi polluante qu’une voiture à essence si on prend l’ensemble de son cycle de vie (Source : http://www.consoglobe.com/).

Le cas particulier

Je vois tout de suite venir les gens qui vont me dire : « Et les cyclistes qui respectent pas les feux, ceux qui roulent sur le trottoir, les scooters qui roulent trop vites, les voitures qui ne s’arrêtent pas au stop, etc… ». Je vous répondrai que c’est encore un problème de l’homo-égoïste qui pense à lui plutôt qu’aux autres. On préfère gagner quelques secondes et mettre la vie d’autrui (comme la sienne) en danger. Ces comportements varient d’un pays à un autre, même s’ils sont beaucoup trop fréquents ils sont révélateurs d’un problème d’aménagement et/ou de société (les Français aiment bien défier l’autorité).

Au final rouler à vélo en ville n’est ni dangereux pour les autres, ni risqué pour soi. Si en plus on fait attention aux angles morts et qu’on évite les comportements dangereux on se rapproche du risque zéro. De plus le développement du vélo apaise la ville et la rend plus saine pour tout le monde. Les rues sont plus sures, moins polluées et plus calmes : qui n’en n’ a pas envie ?

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